CALLIRÉE, CONTRE LA CHASSE
Celuy fut ennemy des déitez puissantes^ Et cruel viola de nature les lois.
Qui le premier rompit le silence des bois Et les nymphes qui sont dans les arbres naissantes ;
Qui premier de limiers et de meutes pressantes , De piqueurs, de veneurs, de trompes et d'abois, Dpnna par les forests un passetemps aux roys De la course et du sang des bestes innocentes.
Je n'aime ny piqueurs, ni filets, ni veneurs, Ny meutes, ny forests, la cause de mes peurs : Je doute 2 qu'Artemis quelque sanglier^ n'appelle
Encontre * Eurymedon pour voir ses jours finis, Que le dueil ne me face une Venus nouvelle, Que la mort ne le face un nouvel Adonis.
1. Ces vers, joints aux AmoiM's 2. Je redoute (N., ex. d'Ama-
( éd. 1560), comprennent six dis; L., rem.; R. de la R.; Ma-
pièces diverses (stances, élégies, rot; Génin, Lex. de Mol.', Chev.,
clianson et sonnet), et furent corn- II, 305) .
mentes par Marcassus dans l'éd. 3. Dissyllabe jusqu'au xvii's.;
de 1623. Ils furent composés pour t. p. 8. Il 'avait sonné sengler
le roi Charles IX et mademoiselle (Gach. Gl.; Chev., III, 107).
d'Atrie, de la maison d'Aquavive. 4, Prép., contre (Chev., III, 368).
SONNETS ET MADRIGALS
POUR ASTRÉEi
Jamais Hector aux guerres n'estoit lâche Lorsqu'il alloit combattre les Grégeois ; Tousjours sa femme attachoit son harnois, Et sur l'armet lui plantoit son pennache '.
Il ne craignoit la Pelienne hache Du grand Achille, ayant deux ou trois fois Baisé sa femme, et tenant en ses dois Une faveur de sa belle Andromache.
Heureux cent fois, toy, chevalier errant.
Que ma déesse alloit hier parant, Et qu'en armant baisoit, comme je pense.
De sa vertu procède ton honneur ; Que pleiAt à Dieu, pour avoir ce bon-heur, Avoir changé mes plumes à ta lance !
Au mois d'avril, quand Tan se renouvelle.
L'aube ne sort si belle de la mer, Ny hors des flots la déesse d'aimer Ne vient à Cypre en sa conque si belle,