AMOURS DIVERSES
Puis, appuyant ton sein sur le mien, qui se pâme,
Pour mon mal appaiser, Serre plus fort mon col et me redonne Tame
Par l'esprit d'un baiser.
Si tu me fais ce bien, par tes yeux je te jure,
Serment qui m'est si cher.
Que de tes bras aimez jamais nulle avanture
Ne pourra m 'arracher î Mais, souffrant doucement le joug de ton empire,
Tant soit-il rigoureux.
Dans les Champs Elysez une mesme navire ^
Nous passera tous deux.
Là, morts de trop aimer, sous les branches myrtines^,
Nous verrons tous les jours Les héros près de nous avec les héroïnes
Ne parler que d'amours.
Tantost nous dancerons par les fleurs des rivages
Sous maints accords divers, Tantost, lassez du bal, irons sous les ombrages
Des lauriers tousjours verds, Où le mollet Zephyre en haletant secoue
De souspirs printanniers Ores les orangers, ores, mignard, se joue
Parmy les citronniers.
Là du plaisant avril la saison immortelle
Sans eschanges le suit, La terre sans labeur, de sa grasse mamelle,
Toute chose y produit.
D'en bas la troupe sainte autrefois amoureuse.
Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s'estimant bien-heureuse
De s'accointer de nous ; Puis, nous faisant asseoir dessus l'herbe fleurie
De toutes au milieu.
Nulle, et fut-ce Procris, ne sera point marrie
1. Jadis des deux genres (Palsg., 2. De Myrtes, myrtinus. Cf. 161; distinction dans N.; L.; Myrteux.
Malh.) 3. Sans changement de saison.
De nous quitter son lieu ^ :
Non celle qu'un taureau sous une peau menteuse
Emporta par la mer ; Non celle qu'Apollon vid, vierge despiteuse 2,
En laurier se former ; Ny celles qui s'en vont toutes tristes ensemble,
Artemise et Didon ; Ny ceste belle Grecque à qui ta beauté semble s,
Comme tu fais de nom.