‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 92 sur 361 · Tellement que, de manière 3. Comme Mignoter · texte numérisé non relu

Tellement que, de manière 3. Comme Mignoter

Après avoir relié D'un tortis ^ de violettes Et d'un cerne ^ de fleurettes L'or de leur chef délié.

Après avoir proprement Troussé leur accoustrement Marcha loin devant sa trope ^, Et, la hastant jour et nuict, D'un pied dispos la conduit Jusqu'au rivage Ethiope.

Ces vierges encore nouvelles ^ Et mal-apprises au labeur, Voyant le front des eaux cruelles, S'eflfroyerent d'une grand'peur, Et toutes pancherent arrière (Tant elles s'alloient émouvant), Commç on voit dans quelque rivière Un jonc se pencher sous le vent ; Mais leur mère, non estonnée De voir leur sein qui haletoit, Pour les asseurer les flatoit De ceste parole empennée ^ :

« Courage, mes filles (dit-elle)

Et filles de ce dieu puissant

Qui seul en sa main immortelle

Soustient le foudre rougissant I

Ne craignez point les vagues creuses

1. Gairlande, serttwi (N.; L.). rendre la rime plas aonoreuae

2. « Vaut autant que cercle et mieux sonfutrUe (Préf, des (N.). » Cercle, couronne (L.; R. Ode» ; A6r. de l'art poét,). D'ailde la R.^ 1094). leurs au moyen de cette modiH-

3. Troupe (d'Aubigné, Trag., cation de la voyelle, les mots en éd. L., p. 69). Trope est la forme ope et ceux en oupe rimaient enancienne (L.); Ronsard n^cmploie semble (Ace. Rim.).

troupcj comme tous les mots où 4. Novices (L.).

il change o en ou, (Callioupe, 5. Ailée, liçea 'ïTTCûoevTa (Ho-

propouse, (etc.), <jue lorsqu'il v^ut mère).

De Teau qui bruit profondement.

Sur qui vos chansons doucereuses Auront un jour commandement ; Mais dédaignez ses longues rides, En ne vous souffrez décevoir Que vostre père n'aillez voir Dessous ces royaumes humides. »

Disant ainsi, d'un plein saut Toute dans les eaux s'allonge.

Comme un cygne qui se plonge Quand il voit l'aigle plus haut... [27]

(Les Muses se précipitent dans la mer à la suite de Mémoire, et descendent au fond des flots).

Jusques aux portes du chasteau De l'Océan, qui dessous l'eau Donnoit un festin à leur père.

De ce palais éternel,

Brave * en colonnes hautaines *,

Sourdoit de vives fontaines

Le vif surgeon 3 perennel *.

Là pendoit sous le portail

Lambrissé d'un verd émail

Sa charrette ^ vagabonde,

Qui le roule d'un grand tour,

Soit de nuict ou soit de jour

Deux fois tout au rond du monde... fl2]

Phœbus, du milieu delà table, Pour dérider le front des dieux, Marioit sa voix délectable A son archet mélodieux,

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