‹ Poésies choisiesChapitre 137 sur 300 · FRANCINE · texte numérisé non relu

FRANCINE

Quoy? si réteintc flàiiie Dans nous se rallunioif.

Si son ame et mon anie Un feu mesme enflanioit, Quand Baïf voudroit bien Se redonner à nioy, Qui romproit le lien De nostrc ferme foy ?

DAÏF.

Bien que tu sois plus dure Qu'une roche à m'aymer, Bien que tu sois moins sure Que l'inconstante mer, Si ne pourroy-je pas D'une autre m'cnflanuuer :

Jusques à mon trépas Si voudroy-je l'aymer.

rn ANGINE.

Bien (pie la girouéte

Si volage ne soit

Que ton ame sugcte

A tout ce qu'elle voit.

Bien que ton cœur n'est rien-

De constance dans soy,

Si m'aynieroy-je bien

Vive et morte avec toy...[iG]

liruu, ^i lu veux savoir comme aujourduy je vy, Amour d'une beauté m'a tout à soy ravy : Ou soit que le soleil le beau jour' nous allume, Ou soit que la nuit vienne, un doux feu me consume... [i] Je meur de ne pouvoir acomplir mon désir, De res[ierer aussi je reçoy grand plaisir :

AMOURS DE FRANGINE. — IH. l'.O

Mais je ne pourroy pas bien au vray te le dire. Que ' c'est que j'ay le plus ou l'aise ou le martyre.

Quand je voy quelquefois ces beaux crespes- cbcveux, Que ny d'or ny d'ébenne apeler je ne veux ; Car ils ne sont ny l'un ny l'autre, mais nature Mesla des deux ensemble une riche teinture ; Quand ces cheveux je voy, dont Amour m'apresta Le bien heureux iilét où pris il m'arresta '\ Et quand je voy l'éclair et celle * belle tlàme De ces yeux azurins qui m'allumèrent l'ame : 0 que ne l'ay-je (di-je) en mes bras mainteuaiil Afin qu'entre mes bras ma maistrcsse tenant. Tous ces cheveux tressez las à las je deffisse. Afin que plus à clair ces beaux cheveux je visse ; Afin que les tenant, de grande joyc fou. J'en fisse un beau lien alentour de mon cou , Et que dans leurs chaisnons, par folâtre manière, Je liasse à souhet ma gorge prisonnière. G que ne l'ay-je (di-je) en mes bras maintenant, Afin qu'entre mes bras ma maistressc tenant Je peusse voir ses yeux de mes veux face à face Et comme en un miroir en eux je me mirasse.

Quand je regarde après son beau front sjwcieux, Front qui feroit trembler le plus audacieux... [4] Je pense : aviendra point qu'une fois à mon aise De plus près ces beautez je contemple et je baise ?

Sur sa bouche vermeille, après, fichant mes yeux. Pense (me dit Amour) ses propos gracieux ; Pense mille douceurs, mille odeurs nompareilles. Qu'enferment là dedans ces deux roses vermeilles ; Pense ce ris serain qui ces fleurs entrouvrant Va deux rancs précieux de perles découvrant ; Ris qui à Jupiter raviroit son tonnerre. Qui ouvre à qui le voit un paradis en teri'e...[28]

Mais, Brun, s'il faut parler des grâces de l'esprit,

i. Ce qui, quod. ô. Imago fiôq. (Malli., 179)

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