A MONSIEUR RAOUL MOREAU
LORS TRESORIER DE l'eSPARGiNE
0 des Muses aimé, de qui la main loyale Et reçoit les tributs du François opulant, Qui rendus tous les ans vont et viennent coulant, Et départ- loin et près la finance royale ;
11 plut à mon bon roy de grâce libérale M'ordonncr quelque don, que par trop je fu lent De retirer alors ; mais un mal violent Me presse le poursuivre en ma perte fatale.
Car trois ans sont coulez, que banny de mon bien. Je mange du passé quelque peu de reserve; Tandis le huguenot fait son propre du mien.
Avoir recours ailleurs qu'à mon roy je ne puis, l'uis([ue j"ay perdu tout. Car Dieu le roy conserve. Et moy comme poète en sa tutelle suis.