‹ Poésies choisiesChapitre 201 sur 300 · DU GREC DE DORAT · texte numérisé non relu

DU GREC DE DORAT

Amour un jour suivoit sa mère Dans les forges de son beau père, Et s'apperçut d'un lingot d'or Beau, luisant, mais tout chaud encor.

Bien qu'il n'en donnait apparance.

Le petit follement s'avance Epris de la belle blondeur De l'or qui jettoit sa splendeur.

Et sa main soudain en approuche, Et de ses doigts tendrets le touche, Qu'echaudez il en retira; Et s'écriant se colera, Tapant la terre de grand' rage Qu'il enduroit en son courage, Et comme forcené s'en prit Au dieu Vulcain, qui s'en sourit*,

i. Délivré, exempt*. au xvi« siècle cl aulérieurement

i Forme réOéchie, très-fréqu. (Burg.,II,2o9;Génin,Var.,p. 443).

Et fout enragé l'injurie,

« Malheureux, plein de tromperie, »

Contre le fe\rc ' s'écriaiit.

Qui le reflate en souriant :

« Mignon, à cet or tu ressembles.

Par dehors ainsi beau tu semblés ; Comme cet or qui luit et cuit, Ainsi ton feu caché reluit ; De ce feu segret tu enflâmes Des amoureux trompez les âmes.

Sçachant donc comme tu méfais-.

Soufre ce que soufrir tu fais. »

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