‹ Poésies choisiesChapitre 230 sur 300 · Tratiison'. des misères du temps · texte numérisé non relu

Tratiison'. des misères du temps

Un nom feint, masque de vciiii, Sous lequel le vice ordinaire Déborde le monde à mal-fairo!

Religion sainte où es-tu?

Où'es-tu religion sainte?

Quelle ])onne ame au vif attainte De te garder se vantera ?

Mais qui tenant la loi bénigne De Jésus Christ, en estant digne Le nom do cbrcstien portera?... [54]

.foir

Rien ne craint Testai en concorde.

Ce qui plus oste la discorde C'est la crainte de l'estranger.

Ne resou rien à la volée.

Depuis qu'elle est à la raeslée Bataille ne peut se ranger.

Qui fait hostilité l'endure :

Plus vault à repousser l'injure Qu'à la faire l'homme de cneur.

Qui à rien qu'au public ne tire Les cueurs des hommes il attire.

Qui se borne soit le vainqueur. ..[l2]

La vertu des rois c'est sagesse ; L'honneur c'est la sage vieillesse; La force, l'amour des sujets; La jov', le jeune âge sans vice ; La charge, l'entière justice ; La richesse une ferme paix... [34]

Bien juger appartient au sage.

Le peuple est maistre du langage.

Chacun vault où il est prudent.

Nul à l'autre ne fait apprendre Ce qu'il n'ha ni ne sçait comprendre.

L'erreur de^ grands va nous perdant... [is]

Verlii fait la vie meilleure, Vertu c'en est l'ancre plus seure, Que nul forteinps' ne forcera.

Ne songe ce qui n est à faire.

Fais beaucoup et ne pronié guère. * Aime ton peuple, il t'aimera... [l2]

Efforce toy de si bien faire Qu'en bien faisant lu puisses plaire A tous non seulement à toy. Un bon roy Dieu nous représente.

Le roy, c'est une lov vivante :

Tant la loy peut avec le roy.

Prou de sens eu peu de langage.

Le fou se perd là où le sage En peu de mots le vray déduit.

D'un petit glan sourd un grand chêne : Petits chaînons font la grand chaîne.

Petit labour porte grand fruit.

,[ios]

Belles fleurs naives et franches.

Qui florissiez nettes et blanches -, Fermes en fidelle candeur.

Le sceptre d'or entre vos fueilles Droit s'élevanf, haut à merveilles, Jettoit une grand' resplendeur.

La blancheur s'est faitte sanglante ; En noirceur hideuse et dolante'' L'or du sceptre s'est obscurci.

Vos fueilles sont toutes flétries ; Vos beautez se sont defleuries; Vostre pouvoir s'est raccourci.

Mais quand avec la primevère Un soleil qui meilleur eclere

1. Fort Ipmps, temps difficile. 2. Les fleurs de lis. Fort a le sens de difficile, de 5. Lament;ilile (L., liist., es. (la rude (N.; Roquef.; L.. la»). i. M.trot).

En douce paix vous rejoindroit, 0 blanches fleurs, gaies, nouvelles, Plus que jamais floririez belles ; Vnstre honneur au loing s'étendroit...[66j

Le souffreteux est misérable, Et le trop riche est enviable, l'uissé-je vivre entre les deux !

Au moyen mon désir je fiche.

Pour ne me voir ny gueux ny riche J'eli mon aise au milieu d'eux.

Le bien-fait receu remémore ; Oui peut te faire bien, honore ; Applaudi l'homme de valeur.

Insolent ne soit qui prospère ; Au malheur ne te désespère :

Pour peu bonheur, pour peu malheur... [l 44]

Majesté sans force n'est seure :

De mal-avis ' malheur demeure.

Aise et mal se suivent de près.

Tant ne vaut victoire espérée (}ue la bonne paix assurée.

Appaise Dieu, commence après.

Nul grand estât de paix n'a joye ; Car si dehors il ne guerroyé.

L'ennemi trouve en sa maison.

De trop d'aise la négligence ; De négligence l'insolence :

D'insolence maux :i foison.

0 déesse de grand'puissance - A qui rendent obéissance

1. Impniflonrp. téniiM'ilt' (N.; '2. Imité d'Horace (Odes, Roquef). xxxv), qui imitait Pindare.

Les habitans du monde bas ; Toi qui es tout aussi tost preste, Comme de les hausser au fesfe. De les jetter du haut en bas ;

0 toy, qui maistresse te joues A faire les sceptres des houes, Tirant le pauvre du fumier ; Qui renverses en funérailles Les grands trionfes des batailles, Perdant leur orgueil coustumier ;

Le craintif ouvrier de la terre Devotieux te vient requerre ' ; Le Portugois, qui ses vaisseaux Met sur la mer en équipage, Pour faire avare un long vovage Te doute ^, ù la royne des eaux...[i8j

Bonne espérance et la fov rare Peu souvent d"avec toy s'égare.

Couverte dun blanc vestement ; Combien que, laissant ennemie Des puissans la douteuse vie, Toy, tu changes d"acoustremenl...[(;]

0 déesse vien secourable :

Et fay le mutin misérable Qui s'élève contre mon roy.

Contre le félon favorise De mon juste roy l'entreprise Et chasse des siens tout effrov.

0 la honte de nos furies !

0 rhorreur de tant de turies De citoyens à citoyens !

Quelle façon dindigne outrage Ne court forcenant de nostre âge Contre le droit de tous liens ?

L'hoste desloyal vend son hoste ; Ce temps maudit des maris oste

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