LIVRE TROISIÈME
Peu vaut raison contre la force.
Nous n'en prenons sinon l'escorce :
Raison est l'amo de la lov.
C'est loy la raison naturelle.
En la royauté bonne et belle La loy vivante c'est le roy...[30]
C'est grand mal desobéissance.
Qui baille au méchant la puissance Baille l'espée au furieux.
1. Cet emploi du comparatif chez les poêles du xvi* sire" pour le superlaiif est fréquent 2. Se divise en 7 pièces
Qui bienfait honore et chastie,
11 entretient riiiunainc vie.
Où les bons régnent tout va mieux.
La guerre civile ruine Les deux partis, quand elle fine*, Perdant et qui gaigne et qui perd.
Concorde fait les beaux affaires- :
Discorde fait toutes misères, De grands maux le présage appert^... [soi
Homme, ne fais à nul injure :
Marche pensant toute droiture, Dit Hipparche en son monument.
Sans droiture peu vaut vaillance ; Où tous tiennent juste balance Vaillance ne sert nullement.
Chacun vante sa mercerie*.
Chacun son mal tresmauvais crie.
Il n'y a mal sans quelque bien.
Rien ne vouloir trop, Iheur consomme ; Tout autre chose sert à l'hounne, L'homme à rhomme ne sert de rien.. [i-2]
Prou de fureur la mort encourent ; Peu de raison à la mort courent.
Vivre n'est vivre seulement.
Bien-heureux qui bien mourir ose.
Bien vivre est beau. C'est peu de chose Vivre tellement quellement.
De la vie où tout mal s'appreste, Telle est quelquefois la tempeste Que la mort en est le doux port.
Qui traisne sa vie en misère Sans à soy ny autre bien faire Serait plus heureux d'estre mort.
Grande honte aux hommes deust estre Tous animaux naissans cognoistre