‹ Poésies choisiesChapitre 289 sur 300 · Baïf écrivait yi; l'e muet disparaissait · texte numérisé non relu

Baïf écrivait yi; l'e muet disparaissait

Les dieux souvent déguisés Pour leurs désirs accomplir Diverses formes ont pris :

Qui d'un taureau, qui d'un bouc, Qui d'un cheval au beau crin, Qui d'un satyre cornu, Comme ils se sont avisés.

Qu'autant je pusse qu'un dieu Pour à souhait me changer Atin d'avoir privante De celle qui me tient pris !

Sentir soudain me voudrais Son beau collet de réseuil * Afin que pusse toujours Toucher sa joue et son sein !

Sentir soudain me voudrais Ruban de ses cheveux tors, Afin que pusse toujours Etre enlacé de son poil !

Sentir soudain me voudrais Le gant qui garde ses doigts, Afin que fusse partout Toujours tenu de ses mains.

Sentir soudain me voudrais Jartière - pour la jarler, Afin d'étreindre et serrer Sa belle grève ^ alentour.

Sentir soudain me voudi'ais Chemise mise à son dos Afin de mieux relater Son bras, sa cuisse, son flanc.

Mais quand de ces privautés Me montrerait se fâcher,

1. Réseau, filet ; tout tissu où 2. Dans les mots jarlière, jar-

il y a des mailles (Roquefort), ter, nous conservons l'orthogra-

comme la dentelle ou la gui- phe de Raïf pour la mesure du

pure (L., étyra., où un es. de vers.

Descartes reproduit cette forme). 3 Jambe*.

Comme excessives pour moi, Tant seulement je voudrais Etre un patin de ses pieds, Afin qu'heureux me rendant Sur moi la belle marchât.

Car, belle, j'aimerais mieux Me voir foulé de ton pied Qu'aller, par autre porté.

Fut-ce au plus haut de son chef !

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