‹ Poésies choisiesChapitre 32 sur 300 · VIK DES CHAMPS · texte numérisé non relu

VIK DES CHAMPS

0 trop heureux ceux qui par les champs vivent

S'ils conoissoveiit tous les biens qui les suivent' !

De son bon gré la boue et douce terre,

Bien loing, bien loing des troubles de la guerre.

Tout ce qu'il faut pour leur vie raporte.

Tous les matins s'ils n'ont devant leur porii'

De courtisans une importune presse,

S'ils n'ont maisons d'eccessive richesse

Qui soyent dedans et dehors reparées

D'eiivres- exquis et moulures dorées

Et de tableaux et de tapisseries;

S'ils n'ont abits couverts de broderies

De chaisnes d'or et pierres précieuses.

Ils ont pourtant les délices heureuses

Du doux repos, loin d'ennuy, loin de peine.

La vie ils ont que sans fraude on demeine.

Oui par les chams de divers biens abonde... [l9]

Mais (ont premier"' les Muses amiables Dont je pflursui les segrets vénérables,

\. Toulo cotio ilpscri|ilioii du "2, Souvent masc. au xvi* siècle, bonheur de la vie champêtre est 5. D'almnl ; o-~[ ailverhe (L , imitée (le Virgile, Géorg., II, 4.ï8 ii').

POËMES. t. 17

Etant épris d'une afoxioii srando, Degnent surtout m'avouer de leur liando, Et m'enseigner les astres et la voye

Des cieux tournans [l2j

Mais si, mon sang tenant trop de la terre. L'esprit grossier nie defenoit en serre, Tant qu'il ne pcust ces beaux discours aprendri\ Nv les raisons de nature comprendre, Sur tont les champs et, dedans les valées. Je clierclieroy les sources recelées.

Loin, loin de bruit, j'aimeroy les rivières Et les forests, et ne me chaudroit gnieres Des grands honneurs. 0 qui, dans les campagnes Où court Sperchie, ô qui, dans les montagnes Où folâtrant les Lacenes ' puceljes Au chaud du jour hàlen! leurs faces belles. Me viendra mètre, et dans un verd bocag(! Me couvrira d'un large et frais ombrage ! Heureux celuy qui a lùen peu conoistre De chaque chose et les causes el l'être ; Qui foule aux pieds touti; peur effroyable. Et le destin qui n'est point exorable, El le vain bruit d'Acheron qui sçait pr<Midi(' Tout ce qui vit pour jamais ne le rendre. Heureux aussi celuy là qui revcr." Les dieux des chams. Pan, Sylvain le bon père. Paies, Pomon, les brimes Oréades, Les fraîches seurs et les moites naiades. De voir les rois celuy là ne s'effroye, Ny de leur guerre et discord ne s'émoye-, Ny du grand Turc, ny de ses entreprises, Ny des citez qu'aux Hongres il a prises. H n'a douleur vovant la triste vie Du soufreteux. et si "' ne porte envie

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