Caresse
i. 31e mettre à l'ombre (Il lie la R., 15888).
o. Char'.
24 l'ÛÉSIES CHOISIES DE BAIE.
Le nom (le liiy, iiy de ceux qu'il conduicl
Ne souffrira la souinieilleuse nuict !
Vertu n'est pas la vertu, dont la gloire
Vive ne luit en durable mémoire.
Autant vaudroit n'avoir faiet jamais rien
S'il n'en est l)riiit quand on a faicl le bien.
Celle ' vertu qu'on ne voit apparente,
D'oysiveté de bi^n peu différente
Naissante nieurt, si le poelc sainct
l'our tout jamais sa mémoire n'empreinl...[4Wj
(Juel bastiment, quelle masse asseuréj D'anivre eousteux éij;ale la durée D'un monument dont l'ouvrier des neuf sieurs Sçait maçonner les fondemens plus seurs ï Et quoy plus beau pourroit échoir à l'homme Grand de tout bijn qu'avoir qui le renonnu.- Et qui d'un bruit aux hommes épandu Chante partout son renom entendu?
Ce bien seul reste aux Atrides de Troye,
Troye la grand' après dix ans leur proye,
Et tout le ])ien par Priam détenu
Apres leur mort à rien est devenu.
Mais les beaux chants qu'en a sonnez Homère
Vivent oncor, restez pour le salaire
Et seul guerdon de mille maux divers,
Oue les Grégeois sonllrirent dix y vers. 0 père sainct, ne soit dit que je passe
Ta saincteté sans qu'honneur je luy face.
Je te salue, éternel guerdonnem--
Des preux guerriers ; par toy leur bel homieur
Florit cncor, et non fany par l'âge
D» jour en jour ilorira davantage ^ ;
Et des vieux ans les siècles rêverez
Tes chants rendront tousjours i>lus avérez.
Je le salue, o Imniere divine,
I. Kiii|ikii rf('i|iii'iil aliii- (1m i, Oui cli!>iiuii»c l;i gloirr, le pninoiii ili''aioii>li;ilir [idiir l'inlj. jirix des travaux guerriers. 'Iénioii>l ' 3. Be.'uix vers, digues de vivre.
POEMES 11. ~ '2o
(jui, lii\>aiit claii', tous poètes illiuiiiiiL' ; 0 vif soiirgcon', qui \)ar mille ruisseaux Tous écriAaus abbreuves de tes eaux !
Quaud Alexandre alloit par la Phrygie.
Menant son osf- contre le roy d'Asie, On lui nionstra le sepulchre d'Achil.
« 0 jouvenceau trop heureux (ce dit-il) 0 valeureuse, ains heureuse jeunesse, .
Oue d'avoir eu de ta noble prouesse In tel chanteur ! d Ce disant, de ses yeux 11 larmoya noblement envieux... [:t2]
Mais nul Auguste en ce malheureux âge.
^'ul Meeenas ne nous donne courage D'employer bien la grâce et les beaux dons. 0 belles sœurs, que de vous nous avons. Ronsard o\sif son Francus abandonne; Ronsard, combien que tout chacun luy donne L'honneur premier qu'il a bien mérite, Ne sent encor la libéralité D'aucun Auguste. Et que l'ait de Jodelle L'esprit divin, pour lame qui excc'le En luy si rare ? 0 Jodelle tu n'as Pour t'animer aucun bon Meeenas, Oui dignement ta vertu recompence Pour luy bastir un œuvre d'excellence Contre la mort, tel que sçaurois choisir ; Mais, ô pitié ! Ion ^ te laisse moisir. Quant est de moy, ô misérable Muse, Si quelquefois à tes dons je m'amuse.
C'est seulement pour tromper les ennuis De la fortune on trop pauvre je suis ; Et je veux bien que 1 âge à venir sçache. Rien que vos dons, ô Muses, je ne cache, Hue nul seigneur qui en ail le moyen .Justpies icy ne m'a faict aucun bien.