‹ Poésies choisiesChapitre 14 sur 36 · A MON FRERE EDMOND · texte numérisé non relu

A MON FRERE EDMOND

Un mourant me l’a dit.

Guibaud.

Frère, quand les soucis et les peines sans nombre Déroulent à mes yeux l’avenir triste et sombre,

Je me prends à songer à ce jour plein de deuil Où, la première fois, nous vîmes un cercueil :

Nous étions orphelins, nous n’avions plus de mère —

Il fallut, nous aussi, boire «à la coupe amère Où chacun, ici-bas, s’abreuve tôt ou tard.

Sa dernière parole et son dernier regard Furent pour nous : “ Enfants, chers enfants, nous dit-elle, Approchez ! voulez-vous que ma voix maternelle Vous enseigne en mourant le secret d’être heureux ? Soyez toujours unis et marchez deux à deux! ”

Nous lui promîmes tout, tu t’eu souviens; écoute :

Bien des malheurs, depuis, ont marqué notre route ;

Eli bien ! soyons unis, et, la main daus la main, Aidons-nous à tromper leâ ennuis du chemin !

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