LES HONGROIS A PARIS
DIT AU THEATRE-FRANÇAIS PAR Mlle DUDLAY (17 JUILLET 1883)
ous que guide une heureuse et noble fantaisie, Étrangers à nos yeux, à nos cœurs bien connus, Ambassadeurs de l'art et de la poésie, Dans Paris fraternel soyez les bienvenus !
Salut, amis hongrois! la Hongrie et la France Ont eu des deuils égaux, des triomphes pareils, De semblables vertus dans la même souffrance Et des réveils communs sous les jeunes soleils,
2l8 ŒUVRES COMPLÈTES
Peuple de chevaliers, de héros, de poètes, Dans tes prospérités, dans tes douleurs encor, Toujours ont tressailli nos âmes et nos têtes Au bruit de tes clairons ou de tes harpes d'or !
Poètes, que de fois nous voyons dans nos rêves Ces féeriques pays au seuil de l'Orient, Le Danube indompté, ses gouffres et ses grèves, Et la blonde Tisza, le doux fleuve riant!
La voici, la voici, la plaine magyare !
Tour à tour la légende ou l'histoire y parla,
Et Ton y croit encor, dans l'ombre où l'on s'égare,
Entendre au loin hennir les chevaux d'Attila.
0 prés verts du Karos, steppes de Coumanie, Horizons éclatants sous les splendeurs des cieux, Vastes nappes de blé, comme la mer unie, Où passe la cigogne avec des cris joyeux!
C'est là, peuple hongrois, race en qui l'honneur vibre, Que grandissent tes fils pour l'avenir vainqueur, Cuirassant leur poitrine au vent pur, au vent libre, Pur comme leurs amours, libre comme leur cœur!