‹ Poésies complètesChapitre 54 sur 104 · JOUR D’AUTOMNE · texte numérisé non relu

JOUR D’AUTOMNE

Ce jour a l'air d’un long crépuscule oublié.

L’heure lasse, comme un oiseau blessé, s’éploie. Dans les arbres le vent passe en un bruit de soie. Feuille à feuille s’abat l’orgueil du peuplier.

Montant, oblique et noire, à ce grand ciel brouillé. Une lente fumée au lointain morne y noie L’intermittent rayon que l’heure triste envoie, Pâle, terne et transi, d’éther moite mouillé.

Tout paraît assoupi. Le fracas de la roue S’éteint vite, à moitié retenu par la boue.

Le silence s’épand comme un premier sommeil.

La pensée avec peine, en geignant, se soulève.

Et regarde où pourrait bien renaître un soleil Dans cet air trop épais pour l’aile et pour le rêve.

LA CHANSON DES MOIS

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