‹ Poésies complètesChapitre 71 sur 104 · LA GUITARE · texte numérisé non relu

LA GUITARE

Je me rappelle encore une vieille guitare Aux accords enjoués, riches et pénétrants,

Qu’enfant aux longs cheveux j’écoutais les yeux grands, L’âme déjà ravie en une ivresse rare.

Toujours, il m'est resté dans l’être je ne sais Quel persistant frisson d’extase ou d’harmonie,

Et le songe lointain d'une fête infinie

Au cœur, où depuis lors tant de maux sont passés...

Celle qui de ses doigts fervents pinçait les cordes S’en est allée un jour au grand ciel des élus;

La guitare en bois fin n’a chanté jamais plus...

Pour elle on eut des soins pleins de miséricordes.

Et nous avons cru tous, ô morte de jadis,

Qu’après ce long soupir d’agonisant qui navre,

Tu ne nous as laissé d’elle que le cadavre,

Son âme ayant suivi la tienne au paradis.

LA CHANSON DES AUTRES

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