LE DÉPART
Je sens mon âme qui palpite Comme en son nid le jeune oiseau,
Mon âme petite, petite,
Sous qui ne plierait pas le plus souple roseau.
Oui, je la sens, la toute frêle,
Se mouvoir sur un duvet doux,
Soudain confiante en son aile Se soulevant un peu pour s’envoler vers vous.
Mais l’espace est vaste, elle hésite;
Elle est si mignonne, elle a peur;
Sur le bord du nid, la petite
Frissonne de faiblesse et tremble de stupeur...
Que votre tendresse la garde:
Elle est partie et pour toujours!
Car c’est vers vous qu'elle regarde, Prisonnière des nuits en route vers les jours!
ROMANCES SANS MUSIQUE