A MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU
VJRAND et grand prince de l'Eglise, Richelieu, jusques à la mort,
Suelque chemin que l'homme élise, est à la merci du sort; Nos jours filés de toutes soies Ont des ennuis comme des joies.
Et de ce mélange divers Se composent nos destinées.
Comme on voit le cours des années Composé d'étés et d'hivers.
Tantôt une molle bonace
Nous laisse jouer sur les flots;
Tantôt un péril nous menace.
Plus grand que l'art des matelots;
Et cette sagesse profonde
Qui donne aux fortunes du monde
Leur fatale nécessité
N'a fait loi qui moins se révoque
Que celle du flux réciproque
De l'heur et de l'adversité.
FRAGMENT
1 AN TÔT nos navires, braves De la dépouille d'Alger, Viendront les Mores esclaves A Marseille décharger ;
POésiES DE MALHERBE. I99
Tantôt, riches de la perte De Tunis et de Biserte, Sur nos bords étaleront Le coton pris en leurs rives, Que leurs pucelles captives En nos maisons fileront.
FRAGMENT
l^LLE étoit jusqu'au nombril Sur les ondes paroissantc, Telle que Taube naissante Peint les roses en avril.