‹ Poésies complètesChapitre 16 sur 40 · LE VIN DES CHIFFONNIERS · texte numérisé non relu

LE VIN DES CHIFFONNIERS

SOUVENT, à la clarté rouge d'un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre, Au cœur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux Où l'humanité grouille en ferments orageux;

On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête, Buttant, et se cognant aux murs comme un poëte. Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets. Épanche tout son cœur en glorieux projets.

Il prête des serments, dicte des lois sublimes. Terrasse les méchants, relève les victimes. Et sous le firmament comme un dais suspendu S'enivre des splendeurs de sa propre vertu.

Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage. Moulus par le travail et tourmentés par l'âge, Éreintés et pliant sous un tas de débris. Vomissement confus de l'énorme Paris,

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