LE FIN DU SOLITAIRE
LE regard singulier d'une femme galante Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant, Qnand elle y veut baigner sa beauté nonchalante;
Le dernier sac d'écus dans les doigts d'un joueur; Un baiser libertin de la maigre Adeline; Les sons d'une musique énervante et câline, Semblable au cri lointain de l'humaine douleur,
Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde, Les baumes pénétrants que ta panse féconde Garde au cœur altéré du poëte pieux;
Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie,
— Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie.
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux
LE riN DES AMANTS
Aujourd'hui l'espace est splendide !
Sans mors, sans éperons, sans bride, Partons à cheval sur le vin Pour un ciel féerique et divin!
Comme deux anges que torture Une implacable calenture, Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain!
Mollement balancés sur l'aile Du tourbillon intelligent, Dans un délire parallèle,
Ma sœur, côte à côte nageant.
Nous fuirons sans repos ni trêves Vers le paradis de mes rêves !
SS