‹ Poésies complètesChapitre 34 sur 40 · LA MORT DES PAUVRES · texte numérisé non relu

LA MORT DES PAUVRES

C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ; C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre, Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir;

A travers la tempête, et la neige, et le givre. C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ; C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre. Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir;

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques Le sommeil et le don des rêves extatiques. Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique. C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique. C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

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