‹ Poésies complètesChapitre 6 sur 40 · LES AVEUGLES · texte numérisé non relu

LES AVEUGLES

CONTEMPLE-LES, mon âme ; ils sont vraiment affreux Pareils aux mannequins ; vaguement ridicules ; Terribles, singuliers comme les somnambules ; Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie. Comme s'ils regardaient au loin, restent levés Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité.

Ce frère du silence éternel. O cité !

Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles.

Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité.

Vois ! Je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,

Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles.?

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