‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 36 sur 74 · LES SEPT INNOCENTS DE PLEUMEUR I · texte numérisé non relu

LES SEPT INNOCENTS DE PLEUMEUR I

Pieds nus, sans chausses et sans linge, Les sept innocents de Pleumeur Causent, en jupes de berlinge.

Et le loriot, dans les chênes, Et rOcéan, dont la rumeur Gronde autour des îles prochaines.

S'arrêtent pour tâcher d'entendre Les sept innocents de Pleumeur Qui causent à voix lente et tendre,

Lente et tendre et confuse ensemble, Comme au fond du soir endormeur Les soupirs de l'aulne ou du tremble.

Mais ce qu'égrènent dans l'espace Les sept innocents de Pleumeur Reste ignoré du vent qui passe.

Et vainement l'homme se penche, La mer étouffe sa clameur.

L'oiseau se tapit sur la branche :

Aucun d'eux n'a compris en somme Les sept innocents de Pleumeur, Ni l'oiseau, ni la mer, ni l'homme,

Sauf un obscur et doux rimeur.

FiPILOGUE

A Ludovic Halévy.

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Quand tu m'es apparue au seuil de mon enfance, Avec tes cheveux d'or et ton geste ingénu, Déesse, il m'eût semblé que c'était une offense D'effleurer du regard le bout de ton pied nu.

Mais ta voix m'appelait et ta voix est si douce Qu'elle apaisa ma crainte et que je te suivis. O les âpres sentiers qui couraient dans la brousse ! O les longs plateaux noirs que nous avons gravis !

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