‹ Poésies complètesChapitre 25 sur 115 · MADRIGAL D'HIVER · texte numérisé non relu

MADRIGAL D'HIVER

Et de toutes ces fleurs ensemble, Par je ne sais quels lents accords, Émane un parfum qui ressemble Au parfum secret de ton corps.

L'amour, comme les cailles, vient et s'en va aux temps chauds...

J.-P. RiCHTER.

Ainsi c'est vous que l'on marie Au mois prochain?

Qui donc épousez-vous, Marie?

Chose ou Machin?

Chose ou Machin, il ne m'importe.

La vérité, C'est que je suis mis à la porte

En plein été.

Oui, cet hymen va se conclure,

Et Messidor Balance au vent la chevelure

Des épis d'or!

Et c'est au moment où sur terre

Tout reverdit, Que vous passez devant notaire

L'acte susdit !

Oh! non, cela n'est pas possible,

Mia bella, Et je suis fou d'être sensible

A ce point-là!

Quoi! parce qu'un barbon vous offre,

Sincère ou non, Ses rhumatismes et son coffre

Avec son nom.

Parce qu'il est prince ou vidame, Quoi ! par désir

De s'entendre appeler madame X... à loisir,

Vous troqueriez notre jeunesse,

Échange vain !

Nos beaux appétits de faunesse

Et de Sylvain !

Non! mille fois non, je le jure!

Non, sarpejeu!

Cet hymen n'est qu'une gageure

Et n'est qu'un jeu!

Allons! viens-nous-en, l'infidèle.

Par les sentiers Fleuris tout le long d'asphodèle

Et d'églantiers.

Vois comme on est bien sur la mousse!

Veux-tu t'asseoir?

Sens-tu glisser sur ta frimousse

Le vent du soir?

Il glisse, et ce sont des murmures.

Et des frissons.

Et des parfums volés aux mûres

Dans les buissons.

Il glisse! Adieu, soucis moroses,

Tristesse, émoi!

Ma mie, ouvrez vos lèvres roses

Et baisez-moi.

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