‹ Poésies complètesChapitre 27 sur 115 · EN PARTANCE · texte numérisé non relu

EN PARTANCE

Ici j'ai le cœur rongé D'un mal indéfinissable :

Je ne sais pas ce que j'ai.

O chants des flots sur le sable, Vous m'aurez bientôt guéri, Si mon cœur est guérissable;

Si mon cœur endolori

Trouve au bord des eaux calmantes,

Si mon cœur trouve un abri.

Et toi, la fleur des amantes.

Flambeau de ma vie, ô toi, Mon conseil dans les tourmentes,

A ce cœur en désarroi Donne un peu de ton courage Et donne un peu de ta foi !

Les vents mauvais ont fait rage.

Toutes mes amours, débris!

Et tous mes bonheurs, mirage!

Mon cœur, des bourreaux l'ont pris,

Traîné, piétiné, de sorte

Qu'il n'est que haine et mépris.

O rêves morts, candeur morte!

Lui ne s'est pas débattu, Tant sa souffrance était forte!

Longtemps, longtemps, il s'est tu.

Pas une plainte; aucun geste.

Sois-lui fidèle : vois-tu,

C'est le seul bien qui lui reste.

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