ANNE-MARIE
Ou d'un flocon de pure et fine ouate étanche Le ruisseau de sueur qui coule sur la hanche; L'autre, tout occupée avec l'enfantelet, Bordant les bons draps blancs sur ses membres de lait, L'enveloppe, âme et corps, dans un réseau de joie; Et toutes deux ainsi, sans qu'un autre œil les voie Que celui de la mère et celui de l'enfant, Vont et viennent, du lit au berceau, réchauffant Les petits pieds, calmant un cri d'une caresse, Et rien, dégoût, fatigue, amertumes, serait-ce Au fond d'un taudis sombre et nu, ne les retient. Si la femme est honnête et si l'homme est chrétien.
vos YEUX
... Et les yeux des jeunes filles y sont comme ces claires fontaines où sur un fond d'herbes ondulées se mire le ciel,
Ernest Renan.
Je compare vos yeux à ces claires fontaines
Où les astres d'argent et les étoiles d'or
Font miroiter, la nuit, des flammes incertaines.
Vienne à glisser le vent sur leur onde qui dort, Il faut que l'astre émigré et que l'étoile meure, Pour renaître, passer, luire et s'éteindre encor.
vos YEUX 13
Si cruels maintenant, si tendres tout à l'heure, Vos beaux yeux sont pareils à ces flots décevants, Et l'amour ne s'y mire et l'amour n'y demeure
Que le temps d'un reflet sous le frisson des vents.