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PREFACE

N m'a demandé, l'autre jour, Dix lignes de biographie

Au bas de ma photographie ;

Le vilain mot ! le vilain tour î

Les voici : la ville de Nantes, A qui je n'en saurais vouloir, M'a vu naître, sans s'émouvoir De mes facultés étonnantes.

Et puis, je suis devenu grand.

J'ai, sans paraître téméraire.

Juste la taille militaire ; Mais en largeur c'est différent.

PRliFACE

Mon histoire est assez banale, Car c'est l'histoire de tous ceux Qui prennent pour la capitale Un passe-port de paresseux.

L'amour m'a touché de son aile A l'heure ordinaire ; et j'ai su Comme on triomphe d'une « belle »

Et comme on l'aime — à son insu.

J'aurais pu souffrir davantage ; Mais, de bonne heure, plein d'orgueil, J'eus toujours le rare courage De cacher les pleurs de mon œil.

Le principal étant de vivre,

Fidèle au : « Tel père, tel fils, »

Ma ressource devint le livre ;

Mon père en vendait, — moi, j'en fis.

Ma verve fut vite étouffée Sous le journal, rude fiirdeau ;

La servante chassa la fée ; L'article tua le rondeau.

Quinze ans d'un pareil exercice Ne m'ont laissé que — la malice.

Je suis par la prose envahi ; D'autres disent : — et par l'Aï.

Entre les noms dont se contente Avec grand'peine maint rimeur, Il n'en est qu'un seul qui me tente Poète de la bonne humeur.

Cela me suffit. Desbarrolle A lu dans ma main, cet été, Quatre-vingt-dix ans de gaîté ; Je veux l'en croire sur parole.

SS*fô^

LE MEDOC

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