‹ Poésies complètesChapitre 17 sur 44 · UNE INTRIGUE AU BAL DE L OPERA · texte numérisé non relu

UNE INTRIGUE AU BAL DE L OPERA

« — A votre aise ! » dit-elle ; et, sans le saluer,

Vers la porte on la vit bientôt évoluer.

Un fiacre lui fit signe; elle monta dedans.

Il crut que les chevaux prenaient le mors aux dents:

Lors, en dépit du monde et du respect humain,

Il s'élança d'un bond ; et, sur l'arrière-train,

Se maintint, cramponné ; — quand ce poste élevé

Lui lit voir ses amis qui battaient le pavé !

Ce furent des hourras, ce furent de grands cris ; On le traita de groom, on en fit des paris; Il servit de jouet à leurs joyeux ébats. Il était très-vexé, mais ne le montrait pas.

Le fiacre traversa le canal Saint-Martin.

La belle descendit; il lui donna la main.

Et comme le cocher demandait de l'argent,

Elle lui dit : « Monsieur n'est pas un indigent ! »

Sur le seuil, elle et lui parlementaient cncor, duand, du troisième étage, avec un bruit de cor,

UNE INTRIGUE AU BAL DE l'oPÉRA II3

Une voix, que le rhume ou le rhum opprima, Laissa tomber ces mots : « Vas-tu monter, Irma? »

Alors, levant le nez, notre gandin put voir Briller comme un feu rouge à travers le ciel noir. Ce phare, qui frappa son œil stupéfié, Plus tard du nom de pipe il l'a qualifié.

Le gandin s'éloigna comme il était venu. Lentement, tout le long d'un faubourg inconnu, Sans regret, sans rancune, et songeant en chemin A ce qu'à ses amis il conterait demain.

Laissez dire celui qui vous répétera Qu'on ne s'amuse point au bal de l'Opéra, Et que l'Intrigue au fin babil, au pied léger, Ne revient plus chez nous s'ébattre et voltiger !

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LA MARIEE

ouR la noce habillée, Front énui, cœur tremblant.

J'ai vu la mariée Agenouillée, en blanc.

Tout le temps de la messe, Dans l'ombre d'un pilier, Un homme avec tristesse La regarda prier.

Il6 LA MARIÉE

Au sortir de l'enceinte, Pâle et silencieux, Il lui donna l'eau sainte; Elle baissa les yeux.

Avec la noce heureuse Il la vit s'éloigner.

Elle était si joyeuse Qu'il n'osa pas pleurer.

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