RETOUR DES COURSES
A belle est dans son panier ;
— Trotte, trotte, ma petite !
Sous le soleil printanier Son cheval l'emporte vite.
Légère comme l'osier,
— Trotte, trotte, ma petite ! — De Vincenne au vieux quartier Elle a franchi la limite ;
Tandis que, flot moutonnier,
— Trotte, trotte, ma petite ! — Le Paris palefrenier.
Grelots au vent, lui fait suite!
Tout le fciubourg ouvrier,
— Trotte, trotte, ma petite ! ■ Pour rire et s'extasier, Bruyant, s'aligne et s'agite.
Mais alors sans sourciller,
— Trotte, trotte, ma petite!
A flageller son coursier
Sa main fluette s'excite.
Car maint regard rancunier
— Trotte, trotte, ma petite !
La poursuit dans son panier.
Qu'est-ce donc qui les irrite?
On ne saurait le nier,
— Trotte, trotte, ma petite !
Sa toilette est du dernier Goût ; sa robe a du mérite.
J'aime à la voir manier
— Trotte, trotte, ma petite!
RF/rOUR DES COURSi:S
Ses guides, en écuyer Qiii ne bronche ni n'hésite.
Aussi pourquoi, rêve ahier,
— Trorte, trotte, ma petite ! — Mettre en ce faubourg grossier Une carte de visite?
Vit-on jamais marier
— Trotte, trotte, ma petite ! — A la fleur de l'églantier
La pomme de terre frite?
Un manant très-familier,
— Trotte, trotte, ma petite ! — Soudain vient à s'écrier :
« Excusez ! ma sœur Brigitte ! »
Il sortait de l'atelier :
— Trotte, trotte, ma petite! — L'accent de Paulin Ménier N'excuse pas sa conduite.