‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 13 sur 110 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

A. l'aal>e«c«.

RAFAËL est assis , avec ROSE et CYDALISE.

FAFAEL chante.

TrlTclln ou Scaramouche , Remplis ton verre à moitié ;

Si tu le bols tout entier ,

' Je dirai que tu te moucbes

Im pied.

Je ne sais |^s au fond de quelle pyramide De bouteilles de ^in , au cœur de quel broc \ide S^est cacbé le démon qui doit me griser, mais Je désespère eiicor de le trouver jamais.

CYOALISlB.

A toi , mon prince !

RâFAEL.

A toi ! BuvoQS à mort, déesse!

Ma foi , vive Tamour ! Au diable ma maîtresse 1 La vie est à descendre on rude grand cbemin ; Gjpi donc^ la voyageuse, au coup du pèlerin !

^TDALISE.

Chante , je vais danser.

RAFAËL

Bien dit. — Ah ! la jolie Jambe I —

(/i u coucKe aux pieds de Rose, et prélude» )

Je suis Hamlet aux genoux d'Ophélie.

Mais , reine, ma folie est plus douce , et mes yeux Sous vos longs sourcils noirs invoquent d^autres dieux.

{Il cîutnte.)

SI , dans léi antres de Gnide , • An bras de Vénns porté'.

Le f ienx Jitpiter , que ride Sa vieille Immortalité , Dans sa céleste furie tte laissait finir «a rie , QqI Jjamals ne finira , Dieux immortels, que Je meure!

J'aimerais mieux un quart d'heure Ctiez la blanche Iijrdia.

Que j'aime ces beaux seins qui battent la campagne! Au menuet , danseuse ! — Et vous , du vin d'Espagne.

(A Rose.) El laiBsez tos regards avec le vin couler.

Dieu merci , ma raison commence à s'en aller !

CTDALISE.

Tu me laisses danser toute seule ?

RÂFirEL.

Ma reine, Cela n^est pas bien dit.

( Il se lève. ) Cette table nous gène, (Il la renverse du pied. ) PALFORio, entrant.

Seigneur, je ne puis dire autre chose, sinon Que de vous déranger je demanda pardon ; Mais vous faîtes un bruit bien fort, et qui fait mettre Autour de ma maison le monde à la fenêtre.

Veuillez crier moins haut.

RAFAËL

Ah I parbleu , je crierai , Maître porte-bedaine, autant que je voudrai.

Holà! hé! obéi hol

PALFORIO.

Seigneur, je vous supplie D^observer qa^il est tard.

RAFAËL

Allons, paix , vieille truie!

Je suis abbé , d^abord. —Si vous dites un mot , Je vous excommunie. —Arrière , toi , pied-bot I

{n danse en chantant, )

MoDsIear l'abbd, où coorez-vDiu?

Vous allez vous casser le coa.

FALFORIO.

Seigneur, si vtw» criei , j'irai chercher la garde; J'en demande pardon è votre honneur. —

Prends garde Que mon pied n^aille voir tes chausses.

PALFORIO.

Ayel à moi!

Je suis mort !

nÂFAEL.

VentrebleuJ. je suis ici chez toi :

J'y suis pour mon plaisir , el n'en sortirai mie.

PALFORIO. *

Seigneur, eicosez-moi; c^est mon hôtellerie, Et vous en sortirez. — A la garde !

RAFAËL , lui jetant une bouteille à la tétèi

Tiens!

PALFORIO !

Ah!

( n tombe. )

CYDAUSE.

Vous Tavez tué !

RAFAËL

Non.

CTDALISE.

Si fait.

RAFAËL

Non.

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