GUNTHER
Ne les suivez-voust pas, seigneur, sous ce portique? mon maître , an milieu d'une fête publique ,
It3 POÉSIES.
Qui d^uii a jus^ coup frappe à^ ennecni&, Avez-vous distingué iex^ur de vos amis?
Hélas I les yrals amis se taisent dans la foule ; « 11 leur faut, pour s'ouvrir , que ce ^aia flot s'écoule. mon frère, ô mon maître ! its t'ont proclamé ro> ! ^ Dieu merci , quoique vieux , je puis encor te suivre , ^^' Jeune soleil levant, si le ciel me fait vivre. Je ne suis qu'un soldat, seigneur, excusez-moi. Mon amitié vous blesse , et vous est importune. t Ne partagez- vous peint l'allégresse commune?' Qui vous arrête ici? Yous.deyez être las.
Jba peine et le danger font les joyeux repas. ^ ' LE CH<»UR , dans la 4kaison.
Chantons et faisons vacarme, Comme il* convient à de dignes buveurs.
Vivent ceux que le vin désarme !
Les jours de combat ont leur charme;
Mais la paix a bien ses douceurs.
GUNTBER.
Seigueur, mon cher seigneur, pourquoi ces regards sobres? Lé vin coule et circule. — Entendez- vous ces chants ^"* Des convives joyeux je vois flotter les ombres Derrière ces viti^aux de feux resplendissants.
LE CHOEUR , à la fenêtre, • Frank, pourquoi tafirdes-tu? — Gunther, si notre troupe Ne fait pas, sous ce toit ^ peur à vos cheveux blancs, Soyez -le bienvenu pour vider une coupe.
Nous sommes assez vieux pour oublier les ans.
«UNTHËR.
La pâleur de la mort est sur votre visage , Seigneur. — D'iin noir souci votre esprit occupé Méconnait-il ma voix? — De quel sombre nuage Les rêves de la nuit l'ont-ils enveloppé?
FRANK
Fatigué de la route et du bruit de la guerre, Ce matin de mon camp je me suis écarté :
UN SPECTACLE BANS tN FAUTEUIL. 189
J'avais soif; inon cheval marchait dans la poussière ,
Et sur le hori d^tin puits je me suis arréic.
J*ai trouvé sur un banc une femme endormie,
Une pauvre laitière, un enfant de quinze ans,
Que je connais, Gunther. — Sa mère est mon amie.
J^ai passé de beaux jours chez ces bons paysans.
Le cher ange dormait les lèvres ^emi-closes. —
( Les lèvres des enfants s'ouvrent , comnie les roses ,
Au soufOe de la nuit. ) — Ses petits bras lassés
Avaient dans son panier roule les mains ouverte^. '
D'herbes et d'églantiné elles clatent couvertes. -1'
Ôq quel rave enfantin ses sens étaient bercés ,
Je Fignore. — On eût dit qu'en tombant sur sa coudie,
Elle avait à moitié laissé quelque chanson
Qui revenait enoor voltiger sur sa bouche,
Comme tia oiseau léger sur la lleur d'un buisson.
Nous étions seuls. — J'ai pris sesdeuxmamsdanslesmiennes;
Je me suis incliné, — sans réveiller pourtant. —
Gunther! j'ai posé mes lèvres sur les siennes,
Et puis je suis parti , pleurant comme un enfant.
MIOtH