LA POÉSIE DANS LES DOIS
La laveuse qui jase au détour du lavoir, Le mouton qui rumine auprès de l'abreuvoir, La blonde paysanne allant à la fontaine.
Qui s'arrftc à l'écho d'une chanson lointaine: Le joyeux cabaret aux dehors agaçants Dont les chants avinés allèchent les passants ; El ce chani)> de luzerne où, tout eHàrouchée, Cécile sur mob cŒur vous vous êtes cachée!
El je ne voyais rien, a Ah! me suis-je écrié, « Tu n'iss plus ton autel, église où j'ai prié ! « Qu'es-tu dune devenue, ô joyeuse alouette?
« Je n'entends plus ici chanter que la chouette. « Ma main en les cueillant se déchire aui bouquets, a La brume de novembre effeuille les bosquets; « Tout est morne et désert, mon (me désolée a Comme une ombre éperdue erre dans la vallée ; a El pas uue chanson qui vienne la ravir!
a vieuï rochers rêveurs, que j'aimais & gravir, « Étang silencieux que l'hirondelle effleure, « beaux arb^, témoins des printemps que je pleure, a Qu'éles-vous devenus? l'ombre vous a couverts, a Vous vous êtes Hétris sous le ciel des hivers. »
Hais un divin rayon a chassé les ténèbres,
fX le bon Dieu m'a dit : « Point de clameurs funèbres,
s Poète ! I-e bocage est vert comme autrefois
n Et les petits oiseaux n'ont point perdu leur voix ;
■ Comme autrefois cncor la paysanne est gaie,
« Sur le seuil de la porte où son enfant bégaie;