‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 54 sur 102 · PAGE DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

PAGE DE LA BIBLE

J'écoutais doucement tous les bruits d'alentour :

. Les murmures de la fontaine, Le clair mugissement des vaches au retour.

Les voix de la cloche lointaine;

Le cri du laboureur qui Unit un sillon.

Le vol amoureux dea verdiéres,

Le chant du rossignol, le conte du ^llon Et le battoir des lavandières.

A pMne si la brise agitait les roseaui, Lea hirondelles r

D,™),Pril>,GOOglC

8e miraient en passant dans le miroir <lcs caiix Et s'enïolaient flfec les ducs.

Les jeunes écoliers, redeveaus enfanU,

Loin du maître au rcRard sévère.

S'en allaient dans les prés bondir comme des faons

Pour moissonner la primevère.

Tout i coup j'entrevis aui marges du chemin,

Comme un roseau fragile.

Une Slle aui yeux bleus balançant à la main

Une crurlie d'argile.

Son front presque voilé s'inclinait mollement

Aui Jlots des rêveries, Son petit pied distrait glissait languissamment

Dans les h^bes fleuries.

Le vent sur son épaule avait éparpillé

Sa fauve chevelure; Une pervenche ornait sou blanc déshabillé :

Une agreste parure !

Au bord de la fontaine elle s'agenouilla Sur une pierre antique :

D,™),Prib,GOOglC

DASS LES ROIS

El plus allégreinenl le bouvreuil gazouilla Si>n nmoiireux canliqiip.

Survient un mendiant qui n'nvait pour ami

Qu'un bâlon de branche de chêne, Son vieux corps chancelanl inclinait à demi

Vers sa fosse toule prochaine.

Ayant avec tristesse aux branches d'un bnuleau

Suspendu sa besace vide.

Le vieillard éjiuisé sur la &ce de l'eau

Promena son regard avide.

Dans sa main il voulut boire, ce fut en vain ;

Et, voyant sa peine, la belle Offrit sa cruche avec un sourire divin :

» Buvez, mon père, » lui dit-elle.

Spectacle des vieni jours dont mon cœur fut charmé !

Pur souvenir des paraboles !

Avant de se coucher, le doux soleil de mai

Lut ceignit le front d'auréoles.

Page 1