‹ Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaireChapitre 180 sur 272 · RONDEAU CLXXVII · texte numérisé non relu

RONDEAU CLXXVII

N'est ce pas grant trahison De mes yeulx en qui me fye, Qui me conseillent folie Maintes foys, contre raison!

Que maie part y ait on D'eulx et de leur tromperie !

N'est ce pas grant trahison De mes yeulx en qui me fye!

Mieulx me fust en ma maison Estre seul à chiere lye.

Qu'avoir telle compaignie Qui me bat de mon baston; N'est ce pas grant trahison 1

RONDEAU CLXXVITI.

Rendez compte, Vieillesse, Du temps mal despendu Et sotement perdu Es mains dame Jeunesse.

Trop vous court sus Foiblesse; Qu'est Povoir devenu ?

RONDKAUX. l83

Rendez compte, Vieillesse.

Mon bras en l'arc se blesse, Quant je l'ay estendu; Parquoy j'ay entendu Qu'il convient que jeu cesse; Rendez compte, Vieillesse.

Tout vous est, en destresse, Désormais chier vendu ; Rendez compte. Vieillesse.

Des trésors de Liesse Vous sera peu rendu, Riens qui vaille ung festu ; ' N'avez plus que Sagesse; Rendez compte, Vieillesse.

Par le seigneur de Torcy.

Mais que mon mal si ne m'empire^ Je suis en bon point, Dieu mercjr, Ne n'ay ne douleur, ne soucy De chose que on me puisse dire.

Plus ne me plains, plus ne souspire.

Je men^ue et dors bien aussi.

Mais que mon mal si ne m'empire.

Je suis en bon point. Dieu mercy.

Pleurer souloye en lieu de rire.

En requérant grâce et mercy ; Maintenant ne fais plus ainsi, Car je ne crains point l'escondire.

Mais que mon mal si ne m'empire.

184 CHARLES d'oRLICANS.

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