‹ Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaireChapitre 182 sur 272 · RONDEAU CLXXXI · texte numérisé non relu

RONDEAU CLXXXI

A Frédet.

Le fer est chault, il le fault batre, Vostre fait que savez va bien ; Tout le saurez, sans celer rien.

Se venez vers moy vous esbatre.

Il a convenu fort combatre.

Mais, s'il vous plaist, pariait le tien Le fer est chault, il le fault batre, Vostre fait que savez va bien.

Convoitise vouloit rabatre

l86 CHARLES d'or LÉ AN s.

Escharsement et trop du sien; Mais ung peu j'ay aidic du mien, Qui l'a fait cesser de debatre.

Le fer est chault, il le fault batre.

De Fredel

Je regrette mes dolans jours.

Comme celliiy là qui tousjours Ne fait que désirer sa mort ; Car plus avant vois et plus fort Acroissent mes dures dolours,

Quant on me/ait d'estraii^es tours.

Que, mille foi^ le jour, en plours.

Me fault dire par desconfort :

Je regrette mes dolans jours.

En vous seul est tout mon recours, Faittes donc, plus tost que le cours.

Cesser le mal que souffre à tort.

Ou autrement je me voy mort, Et tout pour bien servir Amours ; Je regrette mes dolans jours.

Page 1