‹ Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaireChapitre 215 sur 272 · RONDEAU CCLIV · texte numérisé non relu

RONDEAU CCLIV

Commandez qu'elle s'en voise, Mon cueur, à Merencolie, Hors de vostre compaignie, Vous laissent en paix sans noise.

Trop a esté, dont me poise, Avecques vous, c'est folie. Commandez qu'elle s'en voise, Mon cueur, à Merencolie.

Oncques ne vous fust courtoise, Mais les jours de vostre vie A traittez en tirannie ; Sang de moy, quelle bourgeoise !

Commandez qu'elle s'en voise.

Du duc de Bourbon (jadis Clermont).

Je gis au Ht d'amertume et doleiir.

Livré à mort, par faulte de secours, Et si tîe sçay quant Jinera le cours De mon aspre et immortel malheur.

Prie^ pour moy, car je m'en vois mourir, Mes bons amis, aie^ en souvenance ; On ne me veult au besoing secourir, Requerej en, après mes jours, vengance,

Si vous }n'ame:{. Car c'est pour la valleur D'une sans per, qu'ainsi mest au decours Ma povre vie, sans répit, ne recours ; Pour estre tant son loyal serviteur, Je gis au lit d' amertume et doleur.

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