RONDEAU CCXCIV
Pour mettre fin à mes douloureux plains, Et aux ennuys dont je me sens si plams,
Fort me complains A toute heure, mais remède n'y treuve.
Fors qu'il me fault de mort faire l'espreuve
Ou dame neuve, Car la mienne se rit, tant plus me plains.
Souvent m'a veu pleurant par brais et plains, A triste cueur, de dueil paliz et tains,
Près que m'estains.
Mais pensez vous que de riens el se meuve, Pour mettre fin à mes douloureux plains ?
Nenny, ains dit par sa foy, qu'autres mains SeufFrent des maulxplus que moy, soirs et mains,
Et qu'en ay mains Que je ne dy; ainsi mon fait repreuve ; Bien lui plairoit qu'elle feust de moy veutve.
Son cas le preuve ; Ne suis je pas doncques en bonnes mains, Pour mettre fin à mes douloureux plains?
M'amerez vous bien, Dittes par vostre ame, Mais que je vous ame Plus que nulle rien?
Le vostre me tien, Sans faire autre Dame.
M'amerezvous bien.
Dittes, par vostre ame P
Dieu mist tant de bien En vous que c'est basme ; Pource, je me clame Vostre, mais combien M'amerez vous bien?
RONDEAU CCXCVI.
Temps et temps m'ont emblé Jeunesse, Et laissé es mains de Vieillesse Oij vois mon povre pain querant ; Aage ne me veult, tant ne quant, Donner l'aumosne de Liesse.
Puis qu'elle se tient ma maistresse, Demander ne lui puis promesse, Pource, n'enquerons plus avant.
Temps et temps m'ont emblé Jeunesse.
Je n'ay repast que de Foiblesse, Couchant sur paille de Destresse, Suis je bien payé maintenant De mes jeunes jours cy devant?
Nennil, nul n'est qui le redresse, Temps et temps m'ont emblé Jeunesse.
RONDEAU GCXCVII.
Asourdy de Non Chaloir, Aveuglé de Desplaisance, Pris de goûte de Grevance, Ne sçay à quoi puis valoir.
Voulez VOUS mon fait savoir?
Je suis presque mis en trance, Asourdy de Non Chaloir, Areuglé de Desplaisance.
Se le Medicin Espoir, Qui est le meilleur de France, N'y met briefment pourvéance, Vieillesse estaint mon povoir, Asourdy de Non Chaloir.