L'ETOILE DU SOIR
— Aux trousses du soleil, pauvre éloile chérie, Te voilà doue toujours... tu voudrais, je parie, In baiser... — C'est en vaiu ([u'elle aiiouge le pas, Pour ravoir: vous verrez qu'elle ne l'aura pas.
Des mille étoiles dont se jaspe riiéniisphère, C'est pourtant eelle-ei que le soleil préfère... Il la mène partout, comme un petit lutin, Et la préfère même à celle du matin.
Avant qu'on ne l'ait vu devers la Forèt-Noire, 11 lui montre de loin notre grand territoire, Et lui dit : — Ne va pas si vite, mon amour, Bien ne presse... et d'ailleurs nous avons tout le
jour...—
Elle, sans l'écouter, babille à l'avant-srarde, Et le soleil réi)ond. r;uand elle dit : ..Hegarde Là-bas!... tout brille comme au ciel où nous allons.'- — Parbleu, je crois bien, c'est la Wicse et ses vallons!
As-tu bient«jt tout vu? Je ne puis plus attendre... — Et Tétoile poursuit, toujours sans rien entendre, Les beaux nuages blancs, et sitôt qu"elle a cru Mettre la main sur un... pst!... il a disparu.
Quand se montre le Hliin, le père eiïrayé crie : — Prends garde de tomber dans cette eau, ma chérie, Tu t'y noyerais.. — et vite, il lui reprend la main, Et continue ainsi, plus calme, son chemin.
Quand TAlsace apparaît, la petite épuisée
Trouve enfin (pie la route est longue et malaisée;
Elle hésite, en sentant défaillir ses genoux.
Et demande au soleil: — Quand donc y serons-nous? —
Les voilà sur les monts... Au couchant qui s'enflamme. L'étoile reconnaît Tenclos qu'elle réclame; Prend par l'habit son père, aux pas fermes et longs, Et lui trottine ainsi derrière les talons.
Le pâtre et les troupeaux retournent à la ferme; L'oiseau va se perciier: chaque fleur se referme; La prière du soir tinte dans le clocher; L'étoile alors se dit : — Nous devons approcher... —
Plus elle avance et plus s'éclaire son visage... Le père est sur la porte à guetter son passage ; • — Viens, petite souris... — dit-il, en l'embrassant... Qu'on est bien dans les bras d'un père caressant!
• — 'Belle étoile du soir, bonne nuit!.. — Chacun l'aime.. Son regard est si doux!... quand la tristesse blême
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Jette sur notre front quelque nuaire épais. Il suffit (le la voir, pour retrouver la paix.
Sous leur beau voile blanc, les étoiles unies Par le lien secret des grandes iiarnionies, Ne se donnent jamais entr"elles de souci: Sur notre terre, bêlas! (pie n'en est-il ainsi?
Voilà qu'au vent du soir ce ciiamp de blé s'agite. M'est avis qu'il faudrait regaffner notre gîte. Va-t-en. Lise, remplir la lampe jusqu'au bord, Puis tu l'allumeras: mais moucbe-!a d'abord.
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