PARAPHRASE DU PSAUME VIII
Sagesse éternelle, à qui cet univers Doit le nombre infini des miracles divers
Qu'on voit également sur la terre et sur l'onde ;
Mon Dieu, mon créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde, Et que le ciel est bas au prix de ta hauteur !
Quelques blasphémateurs, oppresseurs d'innocents, A qui l'excès d'orgueil a fait perdre le sens, De profanes discours ta puissance rabaissent;
Mais la naïveté Dont mêmes au berceau les enfants te confessent Clôt-elle pas la bouche à leur impiété ?
De moi, toutes les fois que j'arrête les yeux A voir les ornements dont tu pares les cieux, Tu me semblés si grand, et nous si peu de chose,
Que mon entendement Ne peut s'imaginer quelle amour te dispose A nous favoriser d'un regard seulement.
Il n'est foiblesse égale à nos infirmités ;
Nos plus sages discours ne sont que vanités,
Et nos sens corrompus n'ont goût qu'à des ordures ;
Toutefois, ô bon Dieu, Nous te sommes si chers, qu'entre tes créatures, Si l'ange est le premier, l'homme a le second lieu.
Quelles marques d'honneur se peuvent ajouter
A ce comble de gloire où tu l'as fait monter?
Et pour obtenir mieux quel souhait peut-il faire ,
Lui que jusqu'au ponant, Depuis où le soleil vient dessus l'hémisphère, Ton absolu pouvoir a fait son lieutenant?
Sitôt que le besoin excite son désir,
Qu'est-ce qu'en ta largesse il ne trouve à choisir ?
Et par ton règlement l'air, la mer et la terre
N'entretiennent-ils pas Une secrète loi de se faire la guerre A qui de plus de mets fournira ses repas ?
Certes, je ne puis faire en ce ravissement Que rappeler mon âme, et dire bassement : O Sagesse éternelle, en merveilles féconde,
Mon Dieu, mon créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde, Et que le ciel est bas au prix de ta hauteur !