A MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU
A ce coup nos frayeurs n'auront plus de raison, Grande âme aux grands travaux sans repos adonnée ; Puisque par vos conseils la France est gouvernée, Tout ce qui la travaille aura sa guérison.
Tel que fut rajeuni le vieil âge d'Éson, Telle cette Princesse en vos mains résinée Vaincra de ses destins la rigueur obstinée, Et reprendra le teint de sa verte saison.
Le bon sens de mon roi m'a toujours fait prédire Que les fruits de la paix combleroient son empire, Et comme un demi-dieu le feroient adorer ;
Mais voyant que le vôtre aujourd'hui le seconde, Je ne lui promets pas ce qu'il doit espérer, Si je ne lui promets la conquête du monde.