‹ Poésies complètes de MalherbeChapitre 22 sur 53 · À LA REINE MÈRE DU ROI, PENDANT SA RÉGENCE · texte numérisé non relu

À LA REINE MÈRE DU ROI, PENDANT SA RÉGENCE

STANCES

OBJET divin des âmes et des yeux, Reine le chef-d'wuire des deux, Quels doctes vers nie feront nzvuer Digne de te louer 1

Les uwtits fameux des vierges que je sers

Ont-ils des jleurs en leurs déserts Qui s'efforçant d'embellir ta couleur, Ne ternissent la leur?

Le Thermodon a vu seoir autrefois

Des reines au trône des rois; Mais que vit-il par qui soit dibatlu Le prix à ta vertu ?

Certes nos Us, quoique bien cultivés.

Ne s'étoient jamais élevés Au point heureux où les destins amis Sous ta main les ont mis.

A leur odeur l'Anglais se relâchant,

Notre amitié va recherchant; Et l'Espagnol, prodige merveilleux!

Cesse d'être orgueilleux.

De tous côtés nous regorgeons de biens;

Et qui voit l'aise où tu nous tiens, De ce vieux siècle aux fables récité Voit la félicité.

Quelque discord murmurant bassement,

Nous fit peur au commencement ; Mais sans effet presque il s'évanouit.

Plus tôt qu'on ne Vouît.

Tu menaças l'orage paraissant.

Et tout soudain obéissant.

Il disparut comme flots courroucés Que Neptune a tancés.

Que puisses-tu, grand soleil de nos jours,

Faire sans fin le même cours, Le soin du ciel te gardant aussi bien. Que nous garde le tien!

Puisses-tu voir sous le bras de ton fils

Trébucher les murs de Memphis; Et de Marseille au rivage de Tyr Son empire aboutir!

Les vœux sont grands; mais avecque raison Que ne peut l'ardente oraison?

Et sans flatter ne sers-tu pas les Dieux Asseï pour avoir mieux?

STANCES

ENFIN ma patience, et les soins que j'ai pris Ont selon mes souhaits adouci les esprits Dont l'injuste rigueur si longtemps m'a fait plaindre;

Cessons de soupirer; Grâces à mon destin, je n'ai plus rien à craindre. Et puis tout espérer.

Soit quêtant le soleil, dont je suis enflammé.

Le plus aimable objet qui jamais fut aimé,

On m m'ait pu nier qu'il ne fût adorable; "

Soit que d'un oppressé Le droit bien reconnu soit toujours favorable.

Les Dieux m'ont exaucé.

Naguère que j'oyois la tempête souffler, Que je voyais la vague en montagne s'enfler. Et Neptune à me^ cris faire la sourde oreille;

A peu près englouti, Eussi-je osé prétendre à l'heureuse tnerveille

D'en être garanti?

Contre nwn jugement les orages cessés

Ont des calmes si doux en leur place laissés.

Qu'aujourd'hui ma fortune a l'empire de l'onde;

Et je vois sur le bord Un ange dont la grâce est la gloire du monde,

Qui m'assure du port.

Certes c'est lâchement qu'un tas de midisans. Imputant à l'amour qu'il abuse de vos ans. De frivoles soupçons nos courages étonnent;

Tous ceux à qui déplaît L'agréable tourment que ses flammes nous donnent,

Ne savent ce qu'il est.

S'il a de l'amertume à son commencement. Pourvu qu'à mon exemple on souffre doucement. Et qu'aux appâts du change une âme ne s'envole.

On se peut assurer Qu'il est maître équitable, et qu'enfin il console

Ceux qu'il a fait pleurer.

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