Q.UI FUT ASSASSINÉ
SONNET
BELLE âme aux beaux travaux sans repos adonnée. Si parmi tant de gloire et de contentement Rien te fâche là-bas, c'est l'ennui seulement Qu'un indigne 'trépas ait clos ta destinée.
Tu penses que d'Ivri la fatale journée. Où ta belle vertu parut si clairement, Avecque plus d'honneur et plus heureusement Auroit de tes beaux jours la carrière bornée.
Toutefois, bel esprit, console ta douleur; Il faut par la raison adoucir h ttutlheur. Et telle quelle vient prendre son aventure.
Il ne se fit jamais un acte si cruel: Mais c'est un témoignage à la race future, Qu'on ne t'aurait su vaincre en un juste duel.
FRAGMENT
LES peuples pipés de leur mine.
Les voyant ainsi renfermer, Jugeaient qu'ils parloient de s'armer Pour conquérir la Palestine, Et borner de Tyr à Calis L'empire de la fleur de lis; Et toutefois leur entreprise Etait le parfum d'un collet, Le point coupé d'une chemise Et la figure d'un ballet.
De leur mollesse léthargique.
Le discord sortant des enfers.
Des maux que nous avons soufferts Nous ourdit la toile tragique; La justice n'eut plus de poids; L'impunité chassa les lois; Et le taon des guerres civiles Piqua les âmes des méchants.
Qui firent avoir à nos villes La face déserte des champs.
FRAGMENTS
A MONSE.GNFUR LE CARDINAL DE RICHELIEU
RAND et grand prince de l'Église, Richelieu, jusques à la mort,
Quelque chemin que l'honwie élise, Il est à la merci du sort; Nos jours filés de toutes soies Ont des ennuis comme des joies; Et de ce mélange divers Se composent nos destinées, Comme on voit le cours des années Composé d'étés et d'hivers.
Tantôt une molle bonace Nous laisse jouer sur les flots; Tantôt un péril nous menace.
Plus grand que l'art des matelots; Et cette sagesse profonde Qui donne aux fortunes du monde Leur fatale nécessité, N'a fait loi qui moins se révoque, ' Que celle du flux réciproque De l'heur et de l'adversité.
FRAGMENT
TANTOT nos navires, braves De la dépouille d'Alger, Fieiulront les Mores esclaves A Marseille décharger; Tautôt, riches de la perte De Tunis et de Biserte, Sur nos bords étaleront Le coton pris en leurs rives,
lOJ
Que leurs pticelles captives En nos maisons fileront.
FRAGMENT
ELLE étoit jusqu'au nombril Sur les ondes paraissante, Telle que l'aube naissante Peint les roses en avril.