‹ Poésies complètes de MalherbeChapitre 8 sur 53 · LA TIBURTINE POUR LA REINE · texte numérisé non relu

LA TIBURTINE POUR LA REINE

Sous ta bonté s'en va renaître Le siècle m'i Saturne fut maître; Théniis les vices détruira; L'honneur ouvrira son école; Et dans Seine et Marne luira Même sablon que dans Pactole.

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DONC après un si long séjour, Fleurs de lis, voici le retour De vos aventures prospères; Et vous allei être à nos yeux Fraîches cotnme aux yeux de nos pères Lorsque vous tombâtes des deux.

A ce coup s'en vont les Destins Entre les jeux et les jestins Nous faire couler nos années; Et commencer une saison.

Où nulles funestes journées Ne verront jamais l'horizon.

Ce n'est plus comme auparavant, Que si l'Aurore en se levant D'aventure nous voyoit rire.

On se pouvoit bien assurer, Tant la fortune avoit d'empire!

Que le soir nous verroit pleurer.

De toutes parts sont éclairas Les nuages de nos soucis; La sûreté chasse les craintes; Et la discorde sans flambeau Laisse mettre avecque nos plaintes Tous nos soupçons dans le tombeau.

O qu'il nous eût coûté de morts, O que la France eût fait d'efforts.

Avant que d'avoir par les armes Tant de provinces qu'en un jour, Belle Reine, avecque vos charmes Vous nous acquére:^ par atnour!

Qui pouvoit, sinon vos bontés, Faire à des peuples indomptés Laisser leurs haines obstinies, Pour jurer solennellement. En la main de deux hyménées.

D'être amis éternellement?

Fleur des beautés et des vertus, Après nos malheurs abattus D'une si parfaite victoire.

Quel marbre à la postérité Fera paraître votre gloire Au lustre qu'elle a mérité?

Non, non, malgré les envieux

La raison veut qu'entre les Dieux

Votre image soit adorée;

Et qu'aidant comme eux aux mortels.

Lorsque vous serex^ implorée.

Comme eux vous aye:^ des autels.

Nos fastes sont pleins de lauriers De toute sorte de guerriers; Mais, hors de toute flatterie.

Furent-ils jamais embellis Des miracles que fait Marie Pour le salut des fleurs de lis?

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