‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 37 sur 106 · TABLEAU X · texte numérisé non relu

TABLEAU X

« Jeune berger, respecte Égine.

La terre me donna le jour ;

LES DÉGUISEMENTS

Jadis je suivais Proserpine ;

Et de Cérès j’orne la cour. »

En disant ces mots dans la plaine, Elle fuyait devant Myrtis,

Et déjà du berger l’haleine

Vient humecter son cou de lis.

Elle échappe à sa main ardente.

Plus rapide il vole, et deux fois Saisit la tunique flottante,

Qui se déchire entre ses doigts.

« Préviens son triomphe, Ô ma mère | »

Elle dit : aussitôt la Terre S'entr'ouvre avec un bruit affreux, Vomit le bitume et la pierre,

Et présente un gouffre de feux.

Myrtis épouvanté s'arrête.

La Nymphe retourne la tête,

Et de loin lui tendant la main, L’appelle avec un ris malin.

Le berger un moment balance ; Vénus le rassure en secret; Égine, qu’il poursuit s’élance,

Et dans les flammes disparaît.

Il s’y jette ; imprudence heureuse | Sur un lit de mousse et de fleurs Il tombe, et la Nymphe amoureuse Sourit entre ses bras vainqueurs.

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