‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 39 sur 106 · TABLEAU XII · texte numérisé non relu

TABLEAU XII

Myrtis sur le fleuve rapide

Voit un esquif abandonné,

Qui, par le courant entraîné, Vogue sans rames et sans guide.

Au milieu des flots le berger S’élance, et dans l’esquif léger Il trouve une fille jolie,

Sur un lit de joncs endormie.

Elle sourit dans son sommeil ; Et sa bouche alors demi-close Montre l’ivoire sous la rose.

Un baiser produit son réveil; Un baiser étouffe ses plaintes ; Un baiser adoucit ses craintes ; Un autre cause un long soupir ; Un autre allume le désir;

Un autre achève le plaisir,

. Et lentement la fait mourir.

Elle renaît soumise et tendre, Ne voile point ses charmes nus, Et sans peine consent à rendre Tous les baisers qu’elle a recus.

Soudain les flots sont plus tranquilles ; Et le bâteau légèrement

Glisse sur les vagues dociles Qui le balancent mollement.

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