‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 61 sur 106 · LE REMÈDE DANGEREUX · texte numérisé non relu

LE REMÈDE DANGEREUX

O toi qui fus mon écolière

En musique, et même en amour, Viens dans mon paisible séjour Exercer ton talent de plaire.

Viens voir ce qu’il m’en coûte à moi, Pour avoir été trop bon maître.

Je serais mieux portant peut-être,

Si moins assidu près de toi,

Si moins empressé, moins fidele,

Et moins tendre dans mes chansons, J'avais ménagé des leçons

Où mon cœur mettait trop de zèle.

Ah! viens du moins, viens apaiser Les maux que tu m'as faits, cruelle!

Ranime ma langueur mortelle,

Viens me plaindre, et qu’un seul baiser Me rende une santé nouvelle.

Fidèle à mon premier penchant, Amour, Je te fais le serment

De la perdre encore avec elle.

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