‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 79 sur 106 · A M. DE F · texte numérisé non relu

A M. DE F

Corrigé par tes beaux discours, J'avais résolu d’être sage ;

Et dans un accès de courage,

Je congédiais les Amours

Et les chimères du bel âge.

La nuit vint ; un profond sommeil Ferma mes paupières tranquilles ; Tous mes songes, purs et faciles, Promettaient un sage réveil.

Mais quand l’aurore impatiente, Blanchissant l'ombre de la nuit,

A la nature renaissante

Annonça le jour qui la suit, :

L'amour vint s’offrir à ma vue.

Le sourire le plus charmant Errait sur sa bouche ingénue:

Je le reconnus aisément.

Il s’aprocha de mon oreille :

« Tu dors, me dit-il doucement.

Et tandis que ton cœur sommeille, L’heure s'écoule incessamment.

Ici-bas tout se renouvelle ; L'homme seul vieillit sans retour ; Son existence n’est qu’un jour Suivi d’une nuit’éternelle,

Mais encor trop long sans amours. »

À ces mots j'ouvris la paupière.

Adieu sagesse, adieu projets, Revenez, enfants de Cythère,

Je suis plus faible que jamais.

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