‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 87 sur 106 · L'IMPATIENCE · texte numérisé non relu

L'IMPATIENCE

O ciel! après huit jours d'absence, Après huit siècles de désirs,

J'arrive, et la froide prudence Recule l’instant des plaisirs

Promis à mon impatience |

« D'une mère je crains les yeux;

» Les nuits ne sont pas assez sombres; » Attendons plutôt qu’à leurs ombres » Phébé ne mêle plus ses feux.

» Ah! si l’on allait nous surprendre!

» Remets à demain ton bonheur;

» Crois-en l’amante la plus tendre,

» Crois-en ses yeux et sa rougeur,

» Tu ne perdras rien pour attendre. »

Voilà les vains raisonnements

Dont tu veux payer ma tendresse ; Et tu feins d'oublier sans cesse Qu'il est un dieu pour les amants.

Laisse à ce dieu qui nous appelle

Le soin d’assoupir les jaloux,

Et de conduire au rendez-vous

Le mortel sensible et fidèle

Qui n’est heureux qu’à tes genoux.

N’oppose plus un vain scrupule

A l’ordre pressant de l'Amour ; Quand le feu du désir nous brûle, Hélas ! on vieillit dans un jour.

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