SUR LES MERS ET BIEN LOIN
Comment mon pauvre cœur peut-il être gai ,
Quand mon cher marin est absent?
Comment puis-je supporter l'idée
Qu'il est sur les mers à la rencontre de l'ennemi ?
J'ai beau errer, j'ai beau courir,
Toujours mon ©œur est avec mon amour ;
Rêves de nuit et pensées de jour .
Sont avec celui qui est bien loin.
Sur les mers et bien loin ,
Sur les mers orageuses et bien loin ;
Rêves de nuit et pensées de jour
Sont toujours avec celui qui est bien loin.
Quand l'été, à midi, je languis,
Tandis qae les troupeaux fatigués sont haletants autour de moi , Peut-être par ce soleil dévorant Mon marin fait tonner son fusil :
Balles , épargnez ma seule joie 1 Balles , épargnez mon garçon chéri l Destin , fais de moi ce que tu veux , Mais épargne celui qui est bien loin.
Sur les mers, etc.
A minuit , par un ciel sans étoiles , Quand l'hiver règne en maître absolu , Tandis que les tempêtes ravagent la forêt , Et que le tonnerre déchire l'air qui hurle , Attentive au rugissement redoublé Qui s'enfle sur les rochers du rivage , Tout ee que je puis — c'est de pleurer et de prier Pour le bonheur de celui qui est bien loin.
Sur les mers, etc.
pjÉsiËS DE blhNs. tva
Paix, étends ton rameau d'olivier, £t ordonne à la Guerre farouche de cesser son ravage ; A r homme, de venir au-devant de l'homme son frère, Et de le sahier en frère, affectueusement :
Alors puisse le ciel de brises prospères Remplir les voiles bienvenues de mon marin , Et conduire dans mes bras celui qu'elles ont en garde, Mon cher garçon , qui est bien loin !
Sur les mers, etc.