‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 115 sur 224 · BALLADE ÉCOSSAISE · texte numérisé non relu

BALLADE ÉCOSSAISE

En mai dernier un beau galant descendit la longue vallée ^

Et m'assourdit cruellement de son amour « Je dis qu'il n'y avait rien que je détestasse avtaiit tfm \m hommes,

Le (Ëable l'emporte de m'avob cru y de m'aveir eru ,

Is diable l'emporte de m'airetr ernl

204 lH>ES.Ee DE BURNS.

11 parla de dards dans mes beaux yeux noirs,

Et jura qu'il mourait d'amour pour moi ; Je dis qu'il pouvait mourir tant qu'il voudrait pour Jeanne,

Dieu me pardonne d'avoir menti , d'avoir menti ,

Dieu me pardonne d'avoir menti !

Une ferme bien montée , dont lui-même était le laird , Et le mariage sur-le-champ , étaient ses propositions |

Je ne laissai pas voir que je le savais, ou m'en souciais ,

Mais je pensais que je pouvais avoir des offres pires, des offres Mais je pensais que je pouvais avoir des offres pires, [pires,]

Mais, que croyez-vous 1 au bout de quinze jours, ou moins.

Le diable lui donna Tenvie d'aller près d'elle , Il monta par Gateslack chez ma cousine Bessy !

Jugez si, cette pécore, je pus la souffrir, la souffrir,

Jugez si, cette pécore, je pus la souffrir I

Mais, toute la semaine suivante étant dévorée de soucis, J'allai à la foire de Dalgarnock,

Et ne voilà-t-il pas que mon beau volage était là!

J'ouvris de grands yeux comme si j'avais vu un sorcier, un sor- J 'ouvris de grands yeux comme si j'avais vu un sorcier, [cier, ]

Mais par-dessus mon épaule gauche je lui lançai une œillade , De peur que les voisins ne pussent dire que j'étais effrontée;

Mon galant cabriola comme s'il était pris de boisson. Et jura que j'étais sa bien-aioiée, sa bien-aimée. Et jura que j'étais sa bien-aimée.

Je demandai des nouvelles de ma cousine, d'un ton doux et affec' Si elle avait recouvré l'ouïe, [tueux,]

Et comment ses souliers neufe allaient à ses vieux pieds contre^ Mais, ô ciel 1 comme il se mit à jurer, à jurer, [faits — ]

Mais , ô ciel 1 comme il se mit à jurer I

Il me conjura, pour Tamour de Dieu, de vouloir bien être sa femme,

Sans quoi le chagrin le tuerait :

Si bien que, pour conserver la vie au pauvre hère ,

Je pense que je dois l'épouser demain, demain,

Je pense que je dois l'épouser demain.

Que jamais femme ne se plaigne

D'inconstance en amour; Que jamais femne ne se plaigne,

L'homme volage est sujet à courir ;

1»0ÈSIES DE BUUKS. «03

Parcourez des yeux toute la nature, La puissante Ici de la nature, c'est le changement, Mesdames, ne serait-ce point étrange, L'homme alors deviendrait un monstre?

Regardez les vents , et regardez les cieux ,

Le flux de l'Océan et son reflux ; Le soleil et la lune ne se couchent que pour se lever,

Les saisons se succèdent tour à tour.

Pourquoi donc demander que l'homme si faible

S'oppose au plan de la grande Nature?

Nous serons constants tant que nous pourrons —

Vous ne pouvez pas faire mieux , vous le savez.

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