‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 131 sur 224 · BBS3 ET SON ROUET · texte numérisé non relu

BBS3 ET SON ROUET

Ohl vive mon rouet,

Ohl vivent ma quenouille et ma bobine;

De la tète aux pieds il m'habille bravement ,

Et m'enveloppe doux et chaud le soir 1

Je vais m' asseoir, et chanter, et filer.

Pendant que descend le soleil d'été.

Satisfait d'avoir la joie du c(;eur, du lait et de la farine.

Ohl vive mon rouet.

De chaque côté le» ruisseaux trottent, Et se rencontrent au bas de ma chaumière ; Le bouleau odorant et la blanche aubépine Unissent leurs bras par-^dessus l'étang,

Et pour abriter le nid de l'oiseau ,

Et pour que les petits poissons reposent au frais :

Le soleil luit doucement dans l'abri

Oùt Joyeuse, je tourne mon rouet.

Sur les chêne» altifni le ramier gémit,

Et l'écho apprend la plaintive histoire ;

Les linots dans les noisetiers de la colline

Se plaisent à imiter les autres chants :

Le râle au milieu de la luzerne,

La perdrix qui part dans le champ,

L'hirondelle aux détours rapides qui vole autour de ma cabane,

M'amusent qua^aà Je suis à mon rouet.

Avec peu à vendre , et moins à acheter.

Au-dessus du besoin , au-dessous de l'envie ,

Oh t qui voudrait quitter cet humble état

Pour tout le faste de tous les grands?

Au milieu de leurs éblouissants et frivoles colifichets.

Au milieu de leurs joies pénibles et bruyantes.

Peuvent-ils goûter la paix et le plaisir

De Bessy à sou rouet?

Logan, que ton flot était charmant

Le jour où j0 lut fiaOcéct à mon Willie 1

Et les années depuU oui coulé sur nous.

Comme toi» Logan, veni le aoleil d'été.

Mais tes bords flmirift ressemblent

A rhiver boueux, sombre et lugubre,

Maintenant qu« mon cher garçon doit affronter ses ennemis

Loin) loin é» moi et des coteaux de Logan.

De nouveau le Joyeux mois de mai

A égayé nos collines et nos vallées ;

Les oiseaux se réjouissent dans le feuillage ,

Les abeilles bourdonnent autouif des fleure embaunH^M ;

Le Matin enjoué lève son obII rose,

Et les pleurs d« ftoir soni des pleurs de joie :

Mon âme voit tout sans plaisir

Tandis que Wlllle est loin des coteaux de Logan.

Dans oe buisson d'aubépine blanche comme le lait. Au milieu de ses petits se tient la grive ;

ni POÉSIES DE BURM8.

Son compagnon fidèle partagera sa peine i

Ou par des chansons trompera ses ennuis :

Mais moi , ici avec mes cbers nourrissons ,

Sans compagnon qui m'assiste, sans compagnon qui m'égaie,

Je passe des nuits de veuvage et des jours d'affliction

Tandis que Willie est loin des coteaux de Logan.

Oh I malédiction sur vous , hommes d'État Qui excitez les frères à dés haines mortelles I Vous qui faites gémir maint tendre cœur, Que cela retombe sur vos têtes !

Gomment vos coeurs de roche peuvent-ils jouir Des pleurs de la veuve , du cri de l'orphelin ? Mais puisse bientôt la paix ramener d'heureux jours Et Willie à son logis sur les coteaux de Logan !

Page 1